Philippe JAURREY, Administrateur Directeur Général Elf Oil RDC « Les choses se présentent relativement bien. »
Actionnaire à hauteur de 60 % aux côtés de la Congolaise des Hydrocarbures (Cohydro) 40 % au titre de sa participation au capital, Elf Oil RDC nourrit des grandes ambitions pour le marché des hydrocarbures au Congo. Son administrateur directeur Général, Philippe Jaurrey brosse synthétiquement les particularités de ce marché qui n’est pas à l’abri, comme ailleurs, des contre coups de la conjoncture internationale.
AFRICAN OIL MAGAZINE : Pourquoi cette survivance en république démocratique du Congo de l’appellation elf au lieu de total ?
Philippe JAURREY : C’est une particularité Congolaise. Voyez-vous, nous sommes le dernier pays au monde où il y a survivance des marques FINA et ELF, alors que partout ailleurs la fusion est consommée, et que seule la marque TOTAL est présente en réseau. Rassurez-vous, c’est une situation qui n’a pas vocation à durer éternellement, d’autant qu’entretenir des marques représente un coût. Laissons donc le temps au temps, pour que les problèmes de fusion ou de rapprochement de l’émergence d’une marque unique, trouvent leur solution dans la concertation entre actionnaires. Il n’est pas impossible de voir un jour, en République Démocratique du Congo, les couleurs de Total flotter sur le réseau.
AOM : Comment se porte eLf oIL R épublique D émocratique du Congo ?
Les choses se présentent relativement bien. Honorablement, notre part de marché, qui se situe aux alentours de 20 %, est en nette progression. Qui plus est, nos secteurs (commerce général, minier…) évoluent dans un bon sens. Aujourd’hui nous distribuons quelque 100 000 tonnes de produits pétroliers en République Démocratique du Congo.
AOM : après une période d’incertitude, la république démocratique du Congo. Renonce avec l’espoir, Mais des aléas de tous genres subsistent. Les autorités congolaises tendent-elles une oreille attentive à vos désiderata ?
Effectivement, les autorités congolaises sont attentives. Pour preuve, nous avons maintenant un Ministère qui s’occupe spécifiquement des hydrocarbures. Mais force est de noter qu’une oreille attentive ne suffit pas au regard des enjeux actuels et de l’importance même des difficultés auxquelles nous faisons face. Voyez-vous, nous sortons d’une crise, et les problèmes à gérer sont multiformes : voies de communications, désinvestissement du fait de la guerre, concurrence déloyale que nous mènent des acteurs du secteur informel, conjoncture, etc.
AOM : avec la flambée des prix du brut sur le marché international, conjuguée à la dépréciation du dollar, comment eLf oil RDC arrive-t-elle à se mettre à l’abri de ces aléas conjoncturels ?
C’est une très bonne question qui colle d’ailleurs à l’actualité. Il se trouve que le pays ait connu des pénuries avant 2001. Pénuries provoquées par le contexte du marché International. Et depuis 2001, le gouvernement a libéralisé les prix tout en y veillant comme « gendarme » par le biais d’un organe de régulation, qui propose des augmentations des prix à la pompe en fonction de l’évolution des cours du brut sur le marché international. Ce prix à la pompe intègre le prix moyen frontière, le prix d’accès au produit, la fiscalité, la parité dollar – franc congolais, les charges et les marges des sociétés commerciales qui constituent les paramètres fixes de cette structure des prix. À notre humble avis, depuis la mise sur pied de cette commission de structure des prix, les pénuries, quelles que soient les tensions internationales, relèvent désormais du passé. Il appartient donc aux autorités de faire perdurer cette collaboration franche avec les opérateurs pétroliers.
Et qu’il ne cède pas à une pression sociale qui viendrait déstructurer le mécanisme ainsi crée.
AOM : Cumulativement avec vos fonctions de Président de la Confédération du Groupement professionnel des distributeurs des produits pétroliers en république démocratique du Congo, les opérateurs harmonisent- ils leur position dans un marché concurrentiel ?
Je suis simplement Président de la Confédération - à titre temporaire - des professionnelles qui fonctionnent bien en concurrence. La concurrence est une réalité quotidienne en République Démocratique du Congo. Elle fonctionne aussi bien pour les consommateurs que pour nous-mêmes. Ce qui n’occulte pas le fait que nous partageons des problématiques communes que nous devons porter d’une seule voix devant les autorités gouvernementales. Ce sont entre autres, les difficultés structurelles, conjoncturelles et la pérennité de l’approvisionnement en produits pétroliers à l’ensemble des congolais où qu’ils se trouvent.
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